Beverly, de Nick Drnaso, chez Presque-Lune

La couverture de Beverly, de Nick Drnaso, chez Presque-Lune.

Qui a dit que les gens ordinaires n’avaient pas d’histoire ? Certainement pas cet auteur de l’’Illinois né en 1989 qui, dans ce recueil à la facture graphique plus que séduisante (et glaçante), explore la psyché de la classe moyenne américaine en exposant la banalité de son quotidien. Banalité apparente d’un sitcom – comme son titre semble l’indiquer – mais qui laisse se dévoiler la richesse et la complexité des sentiments.

Dans ce premier roman graphique, l’auteur décline son propos en six histoires imbriquées les unes dans les autres et dont le fil conducteur est marqué par la présence de plusieurs personnages récurrents. Histoires très imprégnées par un malaise profond, générateur de fantasmes insidieux parfois marqués par un sadisme primaire – qui pourrait faire penser au film « Storytelling » de Todd Solondz – probablement dû à ce vide existentiel inhérent à cette Amérique des banlieues lisses et sans histoires, consumériste et désenchantée, voire désoeuvrée.

Nick Drnaso est né en 1989 à Palos Hills, en Illinois. Il a contribué à plusieurs anthologies de bandes dessinées. Il a publié notamment quelques fanzines sur la plateforme d’Holly Comics de Charles Forsman auteur et éditeur chez Oil comics représentant la nouvelle génération de la BD indépendante américaine. Nick a été nominé au Prix Ignatz pour « Beverly » et a coédité le deuxième et troisième numéro de Linework. Il a participé à l’anthologie annuelle de comics du Columbia College.
Drnaso vit à Chicago, où il travaille comme dessinateur et illustrateur.
« Beverly » est son premier roman graphique. Le livre a été sacré meilleur livre de l’année 2017 par le Los Angeles times.